Brains VS IA - le robot Libratus gagne 1.7$ million contre les pros

Posté le 02 février par Julien dans Actualité

Pour la deuxième fois, une intelligence artificielle a affronté un groupe de joueurs de poker professionnels pour déterminer si la machine était déjà capable de battre les humains. La première rencontre avait présenté une version IA encore imparfaite (Claudico) et les pros avaient réussi à générer un petit profit.

Mais cette deuxième version, appelée Libratus, a mis une sérieuse leçon à 4 joueurs pros sur 120,000 mains (30,000 mains chacun contre l'IA). Libratus a fini le défi avec 1,7$ million d'avance sur les humains, permettant à ses concepteurs d'empocher la récompense de 200,000$.

L'intelligence artificielle maîtrisant le poker

Libratus est une version très améliorée de Claudico et a été construit par la Carnegie Mellon University. Il a affronté 4 joueurs professionnels : Jason Les, Donger Kim, Daniel McAulay et Jimmy Chou. Pour se perfectionner, Libratus a simulé plus de 15 millions de mains avant d'affronter les humains. Pour fonctionner, il nécessite un ordinateur de 10$ millions.

Les performances de Libratus ont impressionné les pros qui ont constaté que la machine évoluait constamment et s'adaptait à ses adversaires. Comme les pros l'ont expliqué, il aimait beaucoup varier les styles. Sa stratégie en petite blind a notamment surpris Donger Kim. « Au début, il variait entre payer, relancer à x2, x2,5 ou x3. Le jour d'après, une mise à jour avait dû être faite puisqu'il ne relançait plus qu'à x3 à chaque fois. »

Libratus a finalement généré 1,7$ million de profit (virtuel). Jason Les a été le plus gros perdant avec 880,087$ de pertes, Jimmy Chou a suivi avec -522,857$, Daniel McAulay avec -277,657 et Donger Kim n'a perdu que 85,649$.

L'intelligence artificielle créée par Noam Brown et Tuomas Sandholm a prouvé être très efficace sur son jeu. C'est la première fois qu'une machine parvient, sur un échantillon important de mains, à battre des cerveaux humains. Le poker est pourtant un jeu imparfait. Les millions de simulations faites par Libratus avant la rencontre et sa capacité à d'adapter et être imprévisible (notamment en faisant régulièrement des over-bet) l'ont rendu très difficiles à battre par ces spécialistes du heads up no limit.